Concours de traduction poétique de l’estonien vers le français-résultats!

Le concours de traduction poétique est à présent terminé et il est l’heure d’annoncer les résultats!

Le jury a décidé de distinguer 4 textes. Voici les noms des gagnants après levée de l’anonymat:

Sébastien Cagnoli et Guillaume Gibert (premiers ex-aequo)

Micheline Rialet et Christine Valla (troisièmes ex-aequo)

Treize traductions du poème d’Ellen Niit ont été reçues et soumises anonymement à un jury composé de trois traducteurs professionnels de l’estonien (Martin Carayol, Antoine Chalvin et Jean Pascal Ollivry).

Félicitations aux gagnant.e.s et merci aux participant.e.s!

Nous vous proposons de découvrir les textes de Guillaume Gibert et Sébastien Cagnoli:

JE CONNAISSAIS DEUX GRANDES PIERRES

Je connaissais deux grandes pierres.

Je leur étais proche, elles m’étaient familières.

À tout moment je parlais avec elles.

Nous discutions

sur la vie des vers de terre

et sur les choses qui sont

sous les mottes, sous la mousse

et sur le mûrissement des noisettes.

Elles habitaient un buisson de noisetiers.

Au cœur même du buisson de noisetiers.

Tout ce qu’étaient les noisettes leur était évident :

de la fleur au fruit,

de la mort à la vie,

tout.

Je crois qu’elles aussi avaient

fruit et coquille.

Parfois les noisettes leur tombaient sur la tête.

Elles en plaisantaient.

Et je les voyais rire

du coin des lèvres, en elles-mêmes.

Comme seules savent rire les pierres.

Traduit de l’estonien par Guillaume Gibert

 

J’AI CONNU DEUX GROS CAILLOUX

J’ai connu deux gros cailloux.
Nous étions très proches, eux et moi.

Je m’entretenais souvent avec eux.
Nous échangions des idées
sur la vie des vers de terre,
sur les dessous
plutôt herbus ou fort moussus
et sur la maturation des noisettes.

Ils vivaient dans une noiseraie.
Au cœur même du bosquet.
Les noisettes n’avaient aucun secret pour eux,
du chaton au noyau,
de la mort à la naissance,
de bout en bout.

Eux aussi, je crois qu’ils avaient
un noyau et une coquille.

Parfois les noisettes leur tombaient dessus.
Ils trouvaient cela très drôle.
Alors je les voyais glousser
et rire intérieurement.

C’est le rire typique des cailloux.

Traduit de l’estonien par Sébastien Cagnoli

 

La section d’études estoniennes de l’Inalco et l’Ambassade d’Estonie en France organisent un concours de traduction poétique de l’estonien.

Traduisez en français le poème d’Ellen Niit ci-dessous.

Envoyez votre traduction dans un fichier texte ou PDF à l’adresse merit.kuldkepp@inalco.fr avant le vendredi 28 février minuit.

Les résultats seront proclamés et le prix sera remis à l’occasion de la journée de la langue estonienne, le 14 mars.

Le concours est ouvert à toutes les personnes connaissant l’estonien.

Important : Les traductions seront soumises au jury de façon anonyme. Votre fichier ne devra donc pas comporter votre véritable nom ni aucune indication permettant de vous identifier, mais seulement un mot clé ou un pseudonyme que vous indiquerez également dans le mail d’accompagnement.


Poème à traduire

Ellen NIIT
 
MA TUNDSIN KAHTE SUURT KIVI
 
Ma tundsin kahte suurt kivi.
Ma olin nendega lähedaselt tuttav.
 
Ma kõnelesin nendega ühtepuhku.
Me vahetasime mõtteid
vihmausside eluviisi üle
ja mätta-aluste ja sambla-aluste
asjade üle
ja pähklite valmimise üle.
 
Nad elasid sarapikus.
Otse sarapiku südames.
Kõik pähklid olid neile jumala selged
urvast tuumani,
surmast sünnini,
läbi ja lõhki.
 
Ma usun, et ka neil enestel olid
tuumad ja koor.
 
Mõnikord kukkusid pähklid neile kaela.
See tegi neile nalja.
Siis ma nägin neid naermas
muginal ja endamisi.
Niiviisi naeravad ainult kivid.


Ellen Niit (1928-2016) était une auteure, poétesse et traductrice estonienne renommée. Elle a écrit plus de 40 livres de prose et de poésie pour enfants. Ses œuvres ont été appréciées par plusieurs générations de lecteurs estoniens. Ellen Niit a reçu de nombreux prix et reconnaissances littéraires, notamment le Prix de la dotation culturelle d’Estonie pour la littérature jeunesse à trois reprises et la Liste d’honneur IBBY 1996. Ses œuvres ont été traduites en 18 langues.